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Les réflexes archaïques

Des réflexes indispensables… qui peuvent parfois rester trop présents

Nous naissons tous avec des réflexes dits « archaïques ».

Ils sont présents dès la grossesse et dans les premiers mois de vie. Ils jouent un rôle essentiel dans le développement du bébé : ils l'aident à naître, à téter, à attraper un objet, à se retourner, à ramper, puis à marcher.

Au fur et à mesure que l'enfant grandit, ces réflexes sont normalement remplacés par des mouvements volontaires. On dit alors qu'ils s'intègrent.

Il arrive cependant que certains restent très actifs. Ils continuent alors à influencer le fonctionnement du corps, parfois de manière très discrète.

Illustrations

Quelques exemples concrets

Cliquez sur un réflexe pour découvrir à quoi il sert et comment il peut se manifester au quotidien.

Illustration du le réflexe de Moro

À quoi sert-il ?

Le réflexe de Moro est souvent appelé le réflexe de protection ou de survie. Chez le nouveau-né, il se déclenche lorsqu'il perçoit une sensation de perte d'équilibre ou un changement brusque de position. Par exemple, lorsqu'on dépose un bébé dans son lit, il peut ouvrir brusquement les bras, inspirer fortement, puis les refermer en se mettant à pleurer. Ce réflexe est tout à fait normal. Il lui permet d'alerter son entourage et de retrouver rapidement un sentiment de sécurité. Durant les premiers mois de vie, répondre à ce besoin est essentiel. Petit à petit, ce réflexe est censé se mettre en retrait à mesure que le bébé développe son sentiment de sécurité et ses capacités d'adaptation.

S'il reste très actif…

Chez l'enfant ou l'adulte, une sensibilité importante au stress, des réactions de sursaut très marquées, une anxiété importante face à l'imprévu ou un besoin permanent de contrôler son environnement peuvent parfois être observés. Certaines personnes ont également du mal à se sentir pleinement en sécurité, se montrent très vigilantes ou se sentent rapidement dépassées par les changements ou les stimulations du quotidien.

Illustration du le réflexe de Galant

À quoi sert-il ?

Pendant l'accouchement, les contractions stimulent naturellement certaines zones du dos du bébé. Ce réflexe provoque un léger mouvement du bassin qui l'aide à progresser dans le canal de naissance. C'est donc un réflexe indispensable au début de la vie.

S'il reste très actif…

Une simple étiquette dans le dos, le dossier d'une chaise ou même un massage peuvent devenir particulièrement désagréables. Certaines personnes évitent instinctivement de s'appuyer contre leur chaise, changent sans cesse de position ou ont beaucoup de mal à rester assises longtemps. Chez certains enfants, cela peut donner l'impression qu'ils ont constamment besoin de bouger, alors qu'ils cherchent simplement, sans s'en rendre compte, à éviter cette stimulation.

Illustration du le réflexe d'agrippement palmaire

À quoi sert-il ?

Il permet au bébé d'attraper naturellement ce qui est placé dans sa main et participe au développement de la motricité fine.

S'il reste très actif…

L'enfant peut serrer son crayon avec beaucoup de force, fatiguer rapidement lorsqu'il écrit ou rencontrer des difficultés dans le geste graphique. À l'inverse, certains tiennent leur crayon avec très peu de stabilité, ce qui peut rendre leur écriture moins fluide ou moins lisible.

Illustration du le réflexe tonique asymétrique du cou

À quoi sert-il ?

Lorsque le bébé tourne la tête vers un côté, le bras et la jambe de ce même côté ont naturellement tendance à s'étendre. Ce réflexe participe au développement de la coordination entre la tête, le regard et les membres.

S'il reste très actif…

Imaginez un enfant en train d'écrire en classe. Le voisin fait tomber son crayon. Naturellement, il tourne la tête pour regarder ce qu'il se passe. Si ce réflexe est encore très présent, son bras peut accompagner ce mouvement sans qu'il le maîtrise complètement. Il peut alors faire une rature, quitter sa ligne ou perdre le fil de ce qu'il était en train d'écrire. Ce sont parfois ces petits détails qui conduisent à qualifier un enfant de « distrait », « dans la lune » ou « peu concentré », alors qu'il s'agit avant tout d'un fonctionnement corporel encore très présent.

Au-delà des étiquettes

Dans le quotidien, il est fréquent d'entendre qu'un enfant est « maladroit », « hyperactif », « dans la lune », « trop sensible » ou qu'il « ne tient pas en place ».

Bien sûr, les réflexes archaïques n'expliquent pas toutes les difficultés.

En revanche, lorsqu'ils sont concernés, ils rappellent qu'un comportement n'est pas toujours un manque de volonté ou d'attention. Il peut simplement traduire une manière dont le corps fonctionne encore.

Ce que ça peut toucher

Trois dimensions souvent liées

Selon le réflexe concerné, les répercussions peuvent s'exprimer de différentes façons.

Le plan moteur

  • — posture
  • — équilibre
  • — coordination
  • — écriture
  • — motricité fine ou globale

Le plan cognitif

  • — concentration
  • — attention
  • — apprentissages
  • — mémorisation
  • — organisation

Le plan émotionnel

  • — gestion des émotions
  • — hypersensibilité
  • — réactions parfois disproportionnées
  • — sentiment d'insécurité ou difficulté à s'apaiser

Comment se déroule l'accompagnement ?

La première séance permet d'observer quels réflexes sont encore très présents et dans quelle mesure ils peuvent participer aux difficultés rencontrées.

À partir de ce bilan, je propose de petits mouvements simples, adaptés à chaque personne. Ils sont réalisés en séance puis poursuivis quelques minutes par jour à la maison, pendant plusieurs semaines.

L'objectif n'est pas de supprimer un réflexe. Au contraire, ces réflexes sont essentiels au début de la vie.

L'idée est d'aider progressivement le corps à retrouver le chemin qui lui permet de mettre ce réflexe en retrait, comme il aurait normalement dû le faire au cours de son développement.

On pourrait comparer cela à un petit grain de sable dans un engrenage : ce n'est parfois pas grand-chose, mais cela peut suffire à perturber certains mécanismes. En retirant progressivement ce « grain de sable », le fonctionnement peut redevenir plus fluide.

Une précision importante

Cet accompagnement ne remplace jamais un avis médical, un diagnostic ou un traitement lorsqu'ils sont nécessaires.

Il peut être proposé seul ou en complément d'un suivi médical, paramédical ou psychologique, selon les besoins de chacun.

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